Intelligence économique européenne…
Par Geoffroy VILBERT, Parthenon Executive
Au quotidien, chefs d’entreprises, responsables politiques et acteurs sociaux constatent que le tissu industriel national souffre de maux divers : manque de compétitivité, incapacité à exporter, difficile mutation des métiers de production … Tout ceci conduit à une dramatique perte d’influence économique et politique de nos régions sur les places fortes du 21ème siècle que sont les USA, l’Inde ou encore la Chine.
S’il est évident qu’une réaction offensive associée à une stratégie de défense de notre patrimoine industriel est devenue urgente, sur quelles bases pourrions-nous l’imaginer à l’échelle européenne ? Dans quelle Europe : celle définie par quelles frontières, avec quels objectifs économiques et politiques ? Sous l’égide ou l’impulsion de quelle autorité au moment où on observe un fonctionnement institutionnel enroué et une unité politique presque inexistante sur le plan industriel ?
Beaucoup de questions qui, aujourd’hui, ne trouvent aucune réponse. Pourtant la nécessité d’action est criante et doit voir le jour rapidement pour éviter une trop grande perte de vitesse sur « le reste du monde ». Si nous devons rapidement trouver des réponses à toutes ces questions majeures pour rester concernés par le développement du monde du 21ème siècle, il pourrait être opportun d’élaborer une solution transitoire.
La solution devra associer trois savoir-faire majeurs qui composent habituellement les projets d’intelligence économique selon l’Ecole de Guerre Electronique :
La veille (monitoring services) permettant la collecte des informations destinées à être analysées puis diffusées aux utilisateurs de la solution.
la sécurisation du capital informationnel
l’influence
Cette solution transitoire devra intrinsèquement respecter certains éléments clés tels que :
une simplicité d’utilisation puis un contrôle permanent de la solution sur la bases d’indicateurs fixes pour certains et mobiles pour d’autres et ce pour assurer l’adaptation aux besoins des utilisateurs, besoins qui sont en permanente évolution, imposée par la globalisation des marchés mondiaux.
Une fluidité d’organisation pour permettre des décisions rapides.
Une transparence pour garantir la compréhension permanente des objectifs par les utilisateurs de la solution, à savoir les chefs d’entreprises et les responsables politiques.
Une très haute disponibilité pour garantir la meilleure réactivité au service de l’efficacité des entrepreneurs.
Une logique de mission contractuelle pour chacun des partenaires de la solution pour garantir un maximum d’efficacité.
Une notion plus complexe qui allierait éthique, déontologie et sécurité pour respecter le caractère confidentiel de certaines informations.
Certaines zones d’ombres persistent :
Quelle régulation et par quelle autorité ?
Comment définir un « intérêt européen » quand il est déjà si difficile de définir un intérêt national ?
Pour tenter de répondre aux deux zones d’ombres identifiées ci-dessus, je propose des pistes de réflexions.
Quelle régulation et par quelle autorité ?
Une autorité de régulation supranationale serait sans doute intellectuellement idéale mais quand nous observons le temps qu’il aura fallu à l’Agence Européenne de Défense pour établir cette autorité, nous pouvons nous interroger sur l’intérêt de cette formule pour ce qui concerne l’intelligence économique caractérisée par son aspect réactif et évolutif permanent.
On peut réfléchir alors à un format public – privé au sein duquel serait respecté un principe de subsidiarité connu dans d’autres organisations internationales.
Comment définir un « intérêt européen » quand il est déjà si difficile de définir un intérêt national ?
Sans doute devrons-nous chercher à appliquer une stratégie de convergence qui permettrait aux intérêts particuliers de chaque pays et de chaque acteur économique de converger naturellement vers un « intérêt européen ». Nous pourrions atteindre cette convergence en définissant un pré requis, accepté par chacun des partenaires, s’appuyant sur des points pivots tels que :
o une charte d’utilisation ou code comportemental (comme cela fut rendu possible en matière d’utilisation d’Internet),
o une catégorisation de l’information mise à disposition corrélée à une cartographie précise des utilisateurs.
o une analyse géoéconomique mondiale permettant de définir les enjeux globaux et fixer les objectifs.
Pour définir notre « intérêt européen », il pourrait être intéressant voir indispensable de définir des axes initiaux pour laquelle cette convergence serait plus facile à mettre en place, pourquoi pas sur les champs d’action exercés grâce aux politiques communes ou à contrario sur des champs parfaitement vierges de tout historique ?
